Violence conjugale

La violence conjugale également appelée agression « dans les relations intimes » est un crime au Canada. Bien que principalement perpétrée par les hommes contre les femmes, la violence conjugale peut être perpétrée par des femmes contre des hommes et existe aussi au sein des relations de même sexe.

La violence conjugale ne connaît ni les frontières ni les stéréotypes. Elle est présente à tous les niveaux socio-économiques, dans toutes les religions, les races et les cultures.

La violence conjugale ne se traduit pas toujours par de la violence physique. La violence inclut d’autres formes de mauvais traitements et de cruauté telles que des menaces constantes, de la violence psychologique/émotionnelle, financière/matérielle, spirituelle et verbale. Cela peut également inclure de l’agression sexuelle et dans ce cas la victime dispose des mêmes options que toute autre personne qui a subit une agression sexuelle. La violence conjugale est le résultat d’un déséquilibre de pouvoir et de contrôle au sein d’un couple.

(Pour plus d’informations sur les tactiques utilisées par les agresseurs pour maintenir leur pouvoir et leur contrôle sur leur conjoint(e), allez voir la roue du pouvoir et du contrôle.)

Différences entre les agressions des femmes et celles des hommes

Alors que l'Enquête sociale générale de 1999 de Statistiques Canada montre qu’à peu près un nombre égal de femmes et d’hommes signalent être victimes de violence conjugale, elle indique également que la violence à l’égard des femmes est plus grave que celle à l’égard des hommes.

Tandis que les hommes ont plus tendance à recevoir des coups de pieds, à être mordus, frappés, giflés ou recevoir un objet, les femmes ont plus tendance à être agressées sexuellement, étranglées, battues, poussées, empoignées, ou menacées avec un couteau ou un pistolet.

Les femmes sont

  • deux fois plus susceptibles de recevoir des blessures corporelles infligées par leur conjoint que les victimes masculines
  • six fois plus susceptibles de recevoir des soins médicaux
  • cinq fois plus susceptibles d’être hospitalisées du faît de blessures; et
  • trois fois plus susceptibles de prendre des congés payés ou non afin de faire face aux conséquences de la violence.

Les agressions conjugales à l’égard des femmes sont non seulement plus violentes, mais aussi plus fréquentes. Les femmes sont deux fois plus susceptibles de signaler des agressions en cours et chroniques (qui se sont produites 10 fois ou plus) que les hommes.1

Effets possibles sur la santé

La plupart des fournisseurs de soins de santé ont conscience des blessures corporelles qui peuvent se produire au cours d’un épisode de violence conjugale. Toutefois, des études montrent que les hommes et les femmes réagissent très différemment face à la violence conjugale.

Les hommes ont beaucoup moins tendance à signaler les répercussions émotionnelles résultant d’une agression par un(e) conjoint(e). Lorsqu’ils le signalent, ils ont tendance à décrire des sentiments de colère, de confusion et de choc.

Tandis que les femmes signalent ces mêmes sentiments, elles ont plus tendance que les hommes à signaler des sentiments de peur pour elles-mêmes et leurs enfants, ainsi que de dépression, de culpabilité et d’anxiété.2

D’autres effets courants résultant d’abus incluent mais ne sont pas limités à :

  • Hypertension
  • Maux de tête
  • Idéation de suicide
  • Troubles de l’alimentation
  • Dysfonction sexuelle
  • Côlon irritable
  • Douleurs gastro-intestinales
  • Trouble obsessionnel-compulsif

Enfants qui sont témoins d’agression

Au Canada, il est estimé que chaque année 800 000 enfants sont exposés à une agression contre une femme.3 Lorsque des enfants sont témoins d’agression, ils recoivent le message que la violence est une manière acceptable de résoudre un conflit et de ce fait, est une composante normale d’une relation.

L’impact résultant d’avoir été le témoin d’abus varie selon l’âge et le niveau de développement de l’enfant, la fréquence et la sévérité de l’abus ainsi que selon les systèmes de soutien qui existent pour l’enfant.

Les enfants sont également souvent victimes de violence physique. Les enfants sont blessés dans 10 pour cent des cas de violence conjugale à l’égard des femmes et dans 4 pour cent de ceux à l’égard des hommes.4

Effets typiques à long terme sur les enfants qui sont témoins de violence à l’égard d’une femme

Adapté du guide les enfants exposés à la violence conjugale et familiale : guide à l'intention des éducateurs et des intervenants en santé et en services sociaux, Ottawa, Santé Canada, 19995

BEBES ENFANTS D’AGE PRESCOLAIRE 5-12 ANS 12-18 ANS
Perturbation des habitudes d'alimentation et de sommeil Concentration limitée Manque d'estime de soi Victime d’agression ou devenant un agresseur
Peur des bruits forts Peur syndrome de stress post-traumatique Comportement suicidaire
Retards du développement Anxiété de séparation Automutilation Manque de respect à l'égard des femmes
Pleurs excessifs Maladies fréquentes Intimidation à l’égard des autres Intimidation à l’égard des autres
Négligence Donne des coups, mord Dépression Relations déficientes avec les pairs
  Dépendance Perfectionnisme Fuguer
  Colère et agression Problèmes scolaires Sentiment de responsabilité excessive
  Cruauté envers les animaux Comportement sexuel inapproprié Comportement agréable
  Comportement régressif Consommation d’alcool et de drogues Anxiété et tension
  Actes de destruction de biens    

Statistiques

  • En 2004, 7% des femmes et 6% des hommes ont déclaré avoir été agressés par un partenaire intime au cours des cinq années précédentes.6
  • Presque 30 000 femmes et enfants à charge ont été admis dans les refuges ontariens entre le 1er avril 2003 et le 31 mars 2004.7
  • 53% des femmes ontariennes qui fuyaient des situations d’abus ont été admises avec leurs enfants; 65% de ces enfants avaient moins de 10 ans.8
  • 51% des femmes et 34% des hommes qui ont signalé à la police qu’ils avaient été agressés par leur époux (se) ont dit que leurs enfants avaient été témoins de la violence; Parmi ceux-ci, 62% des femmes et 49% des hommes craignaient pour leur vie.9
  • 16% des femmes victimes de violence infligée par leur conjoint avaient été agressées sexuellement.10
  • Presque 45% des femmes et 19% des hommes agressés par un conjoint ont subi des blessures corporelles.11
  • 22% des hommes et femmes accusés d’homicide ou de tentative d’homicide entre conjoints avaient des antécédents de violence conjugale signalée à la police.12
  • Seulement 37% des femmes et 17% des hommes victimes de violence conjugale le signalèrent à la police.13

 

1 Johnson, H., Mesure de la violence faite aux femmes : tendances statistiques 2006, Ottawa : Statistique Canada, 2006, http://www.statcan.ca/francais/research/85-570-XIF/85-570-XIF2006001.htm

2 AuCoin, K. et D. Beauchamp, Répercussions et conséquences de la victimisation criminelle, ESG 2004, Ottawa : Statistique Canada, 2007

3 Peel Committee Against Woman Abuse, Breaking the Cycle of Violence—Children Exposed to Woman Abuse, avril 2006 (en anglais seulement)

4 Dauvergne, M. et H. Johnson, Les enfants témoins de violence familiale, Ottawa : Statistique Canada, 2001

5 Les enfants exposés à la violence conjugale et familiale : Guide à l’intention des éducateurs et des intervenants en santé et en services sociaux, Ottawa : Santé Canada,1999

6 Mesure de la violence faite aux femmes

7 de Léséleuc, S. et A. Taylor-Butts, Les maisons d’hébergement au Canada : feuillets d’information pour le Canada, les provinces et les territoires 2003-2004, Ottawa : Statistique Canada, 2005

8 Ibid.

9 Mesure de la violence faite aux femmes

10 Ibid.

11 Ibid.

12 La violence familiale au Canada : un profil statistique, publié sous la direction de L. Ogrodnik, Ottawa: Statistique Canada, 2007

13 Mesure de la violence faite aux femmes