Counselling

Le counselling consiste en un processus d'évaluation, dans la création de ressources et de sécurité (par exemple des stratégies d'adaptation et du soutien), un traitement du traumatisme et de tourner la page. Ceci suit la pratique basée sur des preuves ((Schwarz, Courtois, Van der Kolk, Herman).
Beaucoup de thérapeutes se spécialisent dans le traitement et les soins pour les survivants d'agression sexuelle et/ou les victimes de violence dans les relations intimes. Cependant, il y en a beaucoup qui ne se spécialisent pas et c'est en développant une relation thérapeutique avec le client qu'ils découvrent que cette personne a été victime de violence à un moment de sa vie. Puisque l'alliance thérapeutique est déjà forte, diriger cette personne vers un autre thérapeute pourrait avoir un effet contre-thérapeutique. En ce qui concerne les statistiques citées sur l'agression sexuelle et la violence conjugale, il est très probable que la majorité de ces thérapeutes auront à faire face à ces situations dans le cadre de leur pratique. C'est pourquoi, il pourrait être utile d'améliorer ses compétences dans ce domaine.


Instructions générales:

Fournissez un milieu positif

Soyez prêt à recevoir un client qui est dans une situation de crise. Cela ne veut pas nécessairement dire tout de suite après l'agression. Au cas où la personne déciderait de parler de l'agression 10 ans après qu'elle ait eu lieu, elle pourrait toujours être en situation de crise. C'est pourquoi, vous devez vous concentrer sur les symptômes actuels qui peuvent inclure des rappels d'images, des souvenirs importants, de la panique, de la peur, de l'insomnie et des tremblements.
Dans une situation de crise, il est normal d'oublier les rendez-vous, d'arriver en retard etc. C'est pourquoi il est nécessaire de répéter les informations, de donner des cartes de rendez-vous lors de chaque visite, et avec le consentement de votre client, de lui rappeler les rendez-vous en l'appelant par téléphone.
Normalisez les réponses du client. Il est possible que les thérapeutes aient une liste d'impacts possibles, mais pas tout le monde aura ces impacts. Les clients feront face de différentes manières; les thérapeutes peuvent travailler pour les soutenir avec leurs connaissances de ce qui pourrait fonctionner pour s'adapter.
Appuyez les décisions du client en ce qui concerne porter plainte.
Discutez avec les clients afin de voir à quoi ils s'attendent en ce qui concerne les séances de counselling. Discutez du processus de thérapie, et des attentes et des résultats réalistes du traitement.

Croyez votre client

Les thérapeutes ne sont pas la police ou des juges. Votre rôle est d'aider une personne à traverser des moments difficiles. Même si quelqu'un n'est pas honnête en ce qui concerne les raisons pour être venu pour la thérapie, ceci indique qu'il y a un autre problème.
N'utilisez pas d'expressions qui sous-entendent que vous jugez cette personne, par exemple «pourquoi êtes-vous allé chez lui?»

Respectez le rythme du client

Comprenez que raconter ce qui est arrivé prend du temps. Le client contrôle la quantité d'informations qu'il désire révéler et le moment où il désire le faire, si tel est le cas. La résistance apparente d'un client est une phase normale ; ceci ne veut pas dire que cette personne ne veut pas coopérer.
Parfois, les clients auront besoin d'une pause ; c'est normal considérant le grand effort que cela prend pour confronter l'agression sexuelle et/ou la violence conjugale et la symptomatologie qui y est associée.
Comme dans toute relation, il y a des hauts et des bas. Il y aura des périodes où le client atteindra un sommet et d'autres périodes où du travail et des avancements importants auront lieu.

Fournissez un milieu sécuritaire

Est-ce que votre bureau est loin des transports publics?
Le chemin entre l'arrêt de bus ou la station de métro la plus proche et votre bureau est-il sûr?
Si vous donnez des rendez-vous dans la soirée, est-ce que le quartier est sûr à ce moment là?
Quel message l'agencement/le décor de votre bureau donne t-il sur le genre de thérapie que vous fournissez?
Votre environnement est-il conforme à vos valeurs thérapeutiques ?
Si vous travaillez dans un établissement et avez peu de contrôle sur le décor, pouvez-vous trouver un moyen d'émettre une atmosphère chaleureuse?
Soyez clair dès le début concernant les limites professionnelles et les limites de la confidentialité.
Quand est-ce qu'un client peut vous appeler et à quelle fréquence ?
Que se passe t-il lorsque le client manque des séance?
Discutez de quelle manière la relation se terminera.

Il y a un certain nombre de facteurs qui détermineront le moment approprié pour la fin de la thérapie. La fin de la thérapie ne signifie pas que cette personne n'aura jamais plus de problèmes, mais il sera apparent que l'agression/la violence ne contrôlera plus cette personne. Adams & Fay, dans leur livre «Free of the Shadows», inclurent une liste de ce le client a acquis avant de terminer la thérapie. Ci-dessous est une adaptation de cette liste:

Un sentiment fort qu'il n'est pas seul.
Une compréhension du phénomène de la violence conjugale et sexuelle dans notre culture et de l'impact que cela a eu sur sa vie.
Un sentiment de contrôle de sa vie et de développement de ses qualités d'adaptation.
Un sentiment de bien-être physique et de savoir qu'il peut prendre soin de lui-même et de son corps.
Etre en paix avec sa décision concernant porter plainte.
Etre capable d'exprimer sa sexualité de manière positive. Ne pas la cacher ou l'exprimer sans distinction.
Aucune dépendance à l'égard de l'alcool et des drogues.
Estime de soi plus importante car il a été entendu et est apparu comme étant une personne qui a des aptitudes et de la résilience.
Ne pas avoir de désirs de revanche contre l'agresseur.
La capacité de choisir ou de ne pas choisir de parler de l'agression.
Une capacité à se fier sur le moment où le survivant choisit d'avoir confiance.
Ne pas avoir de sentiments de culpabilité.
Souvenirs de l'agression/violence qui ne risquent plus de l'accabler.
Progrès de victime à survivant et peut être à guerrier.
Une nouvelle image du monde et de sa place dans le monde [1989: p.91-92]

Lectures recommandées:

Les livres suivants sont recommandés pour aider les thérapeutes à travailler sur les traumatismes.

Adams, C. & Fay, J. (1987). Free of the Shadows Oakland: New Harbinger Publications.

Dolan, Y.M. (2000). One Small Step, Moving Beyond Trauma and Therapy to a Life of Joy. New York: Authors Choice Press.

Dolan, Y.M. (1991). Resolving Sexual Abuse. New York: W.W. Norton & Company Inc.

Herman, J.L. (1992).Trauma and Recovery. New York: Basic Books.

Meichenbaum, D. (1994). A Clinical Handbook/Practical Therapist Manual for Assessing and Treating Adults with Post-Traumatic Stress Disorder (PTSD).Waterloo: Institute Press.

Resick, P. & Schnicke, M. (1993). Cognitive Processing Therapy for Rape Victims A Treatment Manual. London: SAGE Publications Inc.

Schwarz, R. (2002). Tools For Transforming Trauma. New York: Brunner-Routledge.

Van der Kolk, B. A., McFarlane, A. C. & Weisaeth, L., Editors. (1996). Traumatic Stress: The Effects of Overwhelming Experience on Mind, Body, and Society. New York: The Guilford Press.